[Test] Fiio E12 Montblanc: le nouvel ampli nomade de puissance by Fiio


Le test français du Fiio E12 Montblanc est enfin disponible, le tout nouvel ampli Fiio en charge de représenter le constructeur en 2013.
Nouveau design, nouvelles puces, et bien évidemment nouvelles performances. Mais la vrai question est: est-ce le meilleur ampli Fiio ou le meilleur ampli tout court ?


Ce test est une copie du test disponible sur le blog Audio Garden. N'hésitez pas le lire aussi en cliquant sur cette ligne. 
Et pour vous le procurer, un seul site (mais quel site!) : Audio Garden

Le Fiio nouveau

Evolution logique du Fiio E11 Kilimandjaro - oui, moi aussi je trouve le trip montagne un peu perché (ohoh) - le Fiio E12 est donc le nouveau porte-étendard du constructeur chinois, celui qui devra permettre de se positionner comme un acteur majeur de l'audio nomade pour les prochaines années à venir. Le packaging a doublé de volume, abandonnant la boîte en aluminium pour un plus conventionnel carton épais. À l'intérieur, pas mal d'accessoires, du moins plus que ce à quoi on est habitué, mais on y reviendra plus tard, intéressons nous plutôt à ce Fiio E12. Deux fois plus grand que le précédent E11, plus large et surtout plus lourd cet ampli n'est pas sans rappeler les produits ALO Audio. Sur le même principe que les derniers MacBook, la coque est de type Unibody, fini la batterie amovible. Elle peut toujours se remplacer, mais nécessitera des outils adaptés. Bonne surprise, le Fiio E12 est aussi fin que le Fiio E11. Comparé à l'iPhone 5, il se révèle quelques millimètres plus épais, mais c'est réellement minime. Ses dimensions finales sont d'ailleurs très proches de celle de l'iPhone, un choix logique quand on sait que la plupart des appareils nomades oscillent maintenant entre 4" et 5". Une fois appairé baladeur et ampli formeront donc un bloc solide, équivalent à l'épaisseur de deux iPhone, rien d'insurmontable donc et avec un baladeur/smart phone à la largeur contenue, l'ensemble se glisse dans toutes les poches. Avec un Galaxy Note... C'est déjà beaucoup moins pratique et accessible, cela dit, rien de nouveau, le problème s'était déjà présenté avec le Go-DAPX. Un petit retour sur les accessoires fournis :
  • housse en simili-velours
  • câble jack-jack
  • deux élastiques, plus épais que les anciens

Plus Grand plus beau

Le Fiio E12 est un bel objet. L'aluminium brossé noir, le cerclage argenté sur le potentiomètre et les sorties/entrées donne un réel cachet à l'ensemble. Industriel, lorgnant du côté high-end mais sans jamais en faire trop. Les réglages se font toujours par des switch situés sur les côtés de l'ampli, la principale différence est leur implémentation. Plutôt gros sur le E11, ils se font discret mais moins accessibles sur le Montblanc, à l'exception du Bass-boost qui garde lui un interrupteur bien accessible. Une minuscule encoche permet de passer d'une position à l'autre, mais un stylo restera nécessaire. Un choix plutôt logique au final vu que le gain et le crossfeed sont des fonctions qu'on utilisera logiquement moins souvent que le Bass-boost. De plus, cela évite de les activer par inadvertance, cas moins rare qu'il n'y paraît. En terme d'ergonomie, pas grand chose à dire, le principal élément d'interaction étant le potentiomètre, qui se révèle un modèle du genre. Bien proportionné, avec une surface grippée et profonde, il permet un réglage fin et précis du volume. Le renfoncement relatif du potentiomètre permet d'éviter les changements de volume accidentels, même si il m'est déjà arrivé de les subir (mais ça reste rare). Fiio fournit de nouveaux élastiques, plus grand et plus épais que les précédents afin de s'adapter à la prise de volume de son ampli. En terme de poids, le Montblanc est environ deux fois plus lourd que le précédent modèle. Même si la prise en main est bonne, il se fait sentir dans la poche, surtout avec le baladeur . Si vous avez déjà eut un ampli type E17 Alpen, vous ne serez pas dépaysé.

Plus de puissance

Le Fiio E11 était construit autour d'un circuit trois voies sensé permettre de haut-voltages dans un système compact. Sur le E12, Fiio inaugure un tout nouveau circuit avec opamp, condensateurs Wimax et potentiomètre Alps. Les opamp choisis sont les LME49710 et LME49600, tous les deux réputés pour leurs performances et surtout la distorsion très faible, du moins sur le papier. Bref, Fiio semble s'être donné toutes les chances de réussites mais comme chacun le sait, si il y a bien un domaine ou les chiffes peuvent tromper, c'est dans l'audio.

 Je branche donc mon iDevice (4S) en Line out et un casque orthodynamique pour voir ce que la bête à dans le ventre. Première surprise, le contrôle du volume est clairement plus précis que sur son ancêtre. On reste sur un potentiomètre rotatif, mais la glisse est plus ferme, mieux maîtrisée. Le Bass-boost reste toujours réservé aux possesseurs de casques très timides dans le bas du spectre, mais apporte un peu plus de "fun". 

Concernant le fun d'ailleurs, si le E12 est plus sérieux en terme de construction, il l'est aussi sur le plan sonore. Plus ciselé, plus "dur", la ou le Fiio E11 s'emballait parfois, projetant le son plus que le diffusant, le E12 reste maître de ses émotions. Attention, même si pour le prix il offre une excellente prestation, il n'est pas encore au niveau des amplis plus haut de gamme. Mais, son rapport qualité prix est logiquement bien plus élevé que celui des produits de la concurrence. Le principal intérêt du Fiio E12 est sa puissance de sortie, sur ce plan, aucun ampli de même gamme tarifaire ne parvient à faire jeu égal. Si le E11 était déjà une petite prouesse d'intégration, Fiio concrétise l'essai avec son Montblanc. Le Montblanc envoie sévère, il débouche le conduit auditif, bref, il déménage. Tester sur des orthodynamiques peu sensible (oui HE-6 c'est de toi qu'on parle) et sur de gros casques ventrus aux basses rondes d'Audeze, le Fiio E12 fait vibrer mes morceaux favoris.
Le changement de gain est efficace, presque trop et on regrettera l'absence d'un mode 6db au lieu de 0 et 12db. Le crossfeed rappellera au plus vieux d'entre vous le réglage loudness des vieux amplis, pas forcément intéressant mais peut-être utile à une certaine catégorie d'auditeurs, un peu gênés par la balance un peu trop directive des nouveaux casques et intras.

Caractéristiques

Model Name/Number E12 Color Available Black
Weight 159g Dimensions 124×65.5×14.5(mm)
Audio Input 3.5mm stereo jack Headphone output 3.5mm stereo Jack
Volume Control ALPS Potentiometer Bass Boost 1 Level
Drive ability 16~300Ω(recommend) Power input Micro USB 5V/2A
Battery Capacity 9.7Wh (880mAh / 11.1V) Battery Life >12 hours
Output Power >880mW@32Ω  Charging Time <150 minute
THD <0.005% Output Impedance <0.5Ω
Frequency Response 10 Hz ~ 100KHz Signal to Noise Ratio >110dB
Input Sensitivity <710 mV(Gain:high) MAX input Level >8 Vrms
Crosstalk > 70 dB Channel imbalance <0.5dB
Gain >16 dB(high) Bass Boost Range > 4.2dB @ 100Hz
MAX output voltage 15.5 Vp-p MAX output current 170 mA
Un tableau un peu touffu où ce qu'il faudra retenir est:
  •  880mAh de batterie
  • SNR supérieur à 110dB
  • Bass Boost de 4 dB à 100 Hz
  • 159g pour 1.4cm d'épaisseur.
Si il y a un autre paramètre à prendre en compte avec l'amplification, c'est bien le bruit résiduel. Sur le E12, en low gain il imperceptible avec la plupart des casques et même les intras. En high gain, le bruit devient audible par contre, c'est donc un mode à privilégier uniquement avec les casques particulièrement peu sensibles ou énergivores. En écoute habituelle, le mode low gain est de toute façon le plus adapté.

Autonomie

L'autonomie est meilleure que prévue, pour 12h annoncée on est souvent dans les 9-10h réelles avec les amplis, tandis que pour une fois il est réaliste de tabler sur les données constructeur. L'autonomie est plutôt bonne pour un produit de cette catégorie, en réglant le volume à des niveaux raisonnables on peut tabler sur 15h d'écoute continue, ce qui est dans la moyenne haute des amplis nomades puissants. Fini la batterie amovible, place à un modèle avec batteries en cascades comme sur iPad pour satisfaire les nouveaux besoins en puissance. Du tout bon !

À l'écoute

Plus on l'écoute et plus on l'aime, c'est, je pense, la meilleure façon de décrire le E12. Sans être un monstre de technicité, Fiio parvient néanmoins à innover et à proposer avec son ampli des performances de premier plan. La réserve de puissance permet un grave profond et tendu. Sur les casques orthodynamiques, cible visée, la magie opère et le résultat est aussi fluide que précis. Le médium est très bon lui aussi, mais pas encore aussi percutant et à l'aise que sur un produit Alo Audio, la gamme RX reste encore à ce jour, à mes oreilles, ce qui se fait de mieux sur le médium. L'aigu est bien contrôle, comme pour les graves il y a un gain qualitatif palpable entre le nouveau E12 et l'ancien E11.

 Après plusieurs heures d'écoutes, le couple Fiio E12/Hifiman HE-400 permet de mettre en lumière les défauts et qualités de cet ampli. En terme de puissance, aucun soucis, le Montblanc n'a pas à rougir face aux amplis nomades concurrents. Au contraire, il se situe dans la tranche (très) haute avec une puissance de sortie tout simplement hallucinante au regard des dimensions de l'ampli, que ce soit en high ou low on ressent viscéralement cette puissance.

 Très" rentre-dedans", le E12 vous fera "taper du pied", les médiums plus vifs que le reste du spectre n'y sont sans doute pas étranger. La scène sonore est serrée, frontale, en combinaison d'un casque comme le HD-25, on obtient quelque chose de très dynamique mais manquant de précision. En effet, même si le E12 est, à ce jour, le meilleur ampli de Fiio, il ne rivalise pas non plus totalement avec la crème du milieu. Pour le prix proposé il fait bien plus que ce qu'on pourrait imaginer et même à 250€ il n'aurait pas à rougir de la concurrence directe. Mais, les plus audiophiles d'entre nous en demanderont sans doute plus au E12, plus de raffinement, plus de précision. Mais, en regardant bien, au tarif proposé, dur de lui reprocher réellement quelque chose.

Au fil des pistes

Si les mesures physiques et les comparaisons A/B restent les méthodes les plus objectives de tester un appareil, la subjectivité garde pour elle ce côté humain, et puis n'est-ce pas le but que d'écouter sa musique ? Les écoutes ont été réalisées avec :
  • Hifiman HE-400
  • Hifiman HE-300
  • 1964-Q
  • E12+iPhone
  • E12+E10 en line out

FAKEBLOOD - Cells

Fakeblood est un groupe de musique électronique presque expérimental, leur musique très polyphonique peut vite devenir une souffrance sur du matériel un peu pataud. Bonne nouvelle, le E12 attaque fort, très fort même. La membrane des casques vibre avec vigueur, délivrant des graves tendus et surtout percutants. Comparé au E11, c'est véritablement un cran au dessus avec une force maîtrisée et une scène sonore mieux définie.

 Avec le combo E10+E12 on obtient des résultats très intéressant, le E10 possédant le meilleur DAC de la gamme Fiio et le E12 étant le meilleur ampli de la gamme. La symbiose opère et on retrouve la large scène sonore du E10 avec la patate du E12. Sur London, le violoncelle est rugueux à souhait tandis que le charleston se détache clairement en arrière plan. Encore une fois, c'est une représentation frontale, mais moins agressive, plus sérieuse. Les violons qui accompagnent le chant est beaucoup plus proche avec le E12 qu'avec le E10 seul, la scène sonore "infinie" se voit redéfinit et je pense que le couple E10+E12 fait des merveilles.

MUSE - The Resistance

Un album qui a fait date dans l'histoire du groupe de rock anglais, d'abord honnis puis adoré, un enchaînement de tubes pendant 54 minutes. Pour changer, on commencera par la fin de l'album, une symphonie en 3 actes qui opère avec magie sur le combo E12+HE-400. Les orthodynamiques sont connus pour leurs graves profonds et le HE-400 répond présent. Le E12 parvient à ménager la chèvre et le choux dans cet exercice difficile.

Commençant par des violons accompagnés de leurs amis les violoncelles on peut rapidement arriver à une cacophonie indélicate. Le HE-400 de par sa nature est censé pouvoir réaliser cet exercice avec aisance, si bien amplifié. Et bien amplifié il est, avec le potentiomètre calé au quart on atteint des volumes d'écoutes agréables mais surtout une quantité de détail plus que suffisante. Le médium du E12, plus favorisé que le reste du spectre compense les faiblesses du casque, un peu en V pour un ortho. La voix ressort mieux, mais surtout on se rend mieux compte des choix du mixage, comme le voile sur la voix du chanteur dans la deuxième partie de la symphonie. Les échos sont aussi plus audibles, accentuant le côté dramatique de ce final. Un ensemble de très bon niveau donc.

Conclusion

Le E12 est le meilleur ampli Fiio à ce jour. Sans bouleverser son monde, il se place tranquillement dans un créneau assez large, celui de amplis de moins de 150€. Pourtant, il parvient quand même à se distinguer grâce à une puissance hallucinante et un rendu sonore très pêchu et agréable.

Sa finition exemplaire et son autonomie complètent un produit abouti, nouveau représentant de la marque Fiio sur le marché des amplis nomade. Un très bon ampli nomade qui saura trouver son public, que ce soit l'audiophile désireux de compléter son orthodynamique sans se ruiner, ou le mélomane à la recherche de nouveaux horizons.

Les bons points:
  • un design plus sérieux et plus solide
  • une puissance de sortie impressionnante
  • bonne autonomie
  • bon sur l'ensemble du spectre
  • des dimensions acceptables et un poids contenu
Les mauvais points:
  • manque encore un peu de définition
  • high gain qui génère du bruit
  • disponibilité limité ?
http://www.audiogarden.fr